Articles

  • « Le Renard et la Cigogne » - La Fontaine (6è) - 7 mars

    Le Renard et la Cigogne
    Compère le Renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la Cigogne. Le régal fut petit et sans beaucoup d’apprêts : Le galant pour toute besogne, Avait un brouet clair ; il vivait chichement. Ce brouet fut par lui servi sur une assiette : La Cigogne au long bec n’en put attraper miette ; Et le drôle eut lapé le tout en un moment. Pour se venger de cette tromperie, A quelque temps de là, la Cigogne le prie. « Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis Je ne fais (...)

  • « La Belle au Bois dormait... » - Paul Verlaine (6è) - Décembre 2016

    La Belle au Bois dormait... La Belle au Bois dormait. Cendrillon sommeillait. Madame Barbe-bleue ? elle attendait ses frères ; Et le petit Poucet, loin de l’ogre si laid, Se reposait sur l’herbe en chantant des prières.[...] Les blés encore verts, les seigles déjà blonds Accueillaient l’hirondelle en leur flot pacifique. Un tas de voix d’oiseaux criait vers les sillons Si doucement qu’il ne faut pas d’autre musique... Peau d’Âne rentre. On bat la retraite - écoutez ! - Dans les États (...)

  • « Amour piqué par une abeille » - Pierre de Ronsard (6è) - Octobre 2016

    Pierre de Ronsard (1524-1585) - XVIè

  • « Ce siècle avait deux ans... » - Victor Hugo ( 3è) - Octobre 2016

    Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte, Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte, Et du premier consul, déjà, par maint endroit, Le front de l’empereur brisait le masque étroit. Alors dans Besançon, vieille ville espagnole, Jeté comme la graine au gré de l’air qui vole, Naquit d’un sang breton et lorrain à la fois Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ; Si débile qu’il fut, ainsi qu’une chimère, Abandonné de tous, excepté de sa mère, Et que son cou ployé comme un frêle roseau Fit faire en (...)

  • Le monologue d’Harpagon - « L’Avare » - Molière (3è) - Octobre 2016

    L’Avare, acte IV, scène 7 : le monologue d’Harpagon :
    HARPAGON (Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.). - [bleu]Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (...)

  • « Oceano Nox » - Victor Hugo (6è) - Septembre 2016

    Oceano Nox Oh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont évanouis ! Combien ont disparu, dure et triste fortune ! Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, Sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! Combien de patrons morts avec leurs équipages ! L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée. Chaque vague en passant (...)

  • « Le Revenant » - Charles Baudelaire (4è) - Septembre 2016

    Le Revenant Comme les anges à l’œil fauve, Je reviendrai dans ton alcôve Et vers toi glisserai sans bruit Avec les ombres de la nuit ; Et je te donnerai, ma brune, Des baisers froids comme la lune Et des caresses de serpent Autour d’une fosse rampant. Quand viendra le matin livide, Tu trouveras ma place vide, Où jusqu’au soir il fera froid. Comme d’autres par la tendresse, Sur ta vie et sur ta jeunesse, Moi, je veux régner par l’effroi. Charles Baudelaire (1821-1867) Les Fleurs du Mal, (...)

  • « Le Dormeur du Val » - Arthur Rimbaud (3è) - Septembre 2016

    Le Dormeur du val C’est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, (...)

  • « Nuit Rhénane » - Guillaume Apollinaire (4è) - Septembre 2016

    Nuit Rhénane Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme Écoutez la chanson lente d’un batelier Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds Debout chantez plus haut en dansant une ronde Que je n’entende plus le chant du batelier Et mettez près de moi toutes les filles blondes Au regard immobile aux nattes repliées Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes (...)

  • « La Prisonnière » - Jacques Charpentreau (6è) - Avril 2016

    La Prisonnière Plaignez la pauvre prisonnière Au fond de son cachot maudit ! Sans feu, sans coussin, sans lumière… Ah ! maman me l’avait bien dit ! Il fallait aller chez grand-mère Sans m’amuser au bois joli, Sans parler comme une commère Avec l’inconnu trop poli. Ma promenade buissonnière Ne m’a pas réussi du tout : Maintenant je suis prisonnière Dans le grand ventre noir du loup. Je suis seule, sans allumettes, Chaperon rouge bien puni : Je n’ai plus qu’un bout de galette, Et mon pot de beurre (...)

  • « La Lice et sa Compagne » - Jean de la Fontaine (3è) - Mars 2016

    La Lice et sa Compagne Une Lice étant sur son terme, Et ne sachant ou mettre un fardeau si pressant, Fait si bien qu’à la fin sa Compagne consent De lui prêter sa hutte, où la Lice s’enferme. Au bout de quelque temps sa Compagne revient. La Lice lui demande encore une quinzaine ; Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu’à peine. Pour faire court, elle l’obtient. Ce second terme échu, l’autre lui redemande Sa maison, sa chambre, son lit. La Lice cette fois montre les dents, et dit : "Je suis prête à (...)

  • « Brise marine », Mallarmé (5è) - Janvier 2016

    BRISE MARINE La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l’ancre pour une exotique nature ! Un Ennui, désolé par les (...)

  • « Le Relais » - Gérard de Nerval (5è) - Janvier 2016

    Le relais En voyage, on s’arrête, on descend de voiture ; Puis entre deux maisons on passe à l’aventure, Des chevaux, de la route et des fouets étourdi, L’œil fatigué de voir et le corps engourdi. Et voici tout à coup, silencieuse et verte, Une vallée humide et de lilas couverte, Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, - Et la route et le bruit sont bien vite oubliés ! On se couche dans l’herbe et l’on s’écoute vivre, De l’odeur du foin vert à loisir on s’enivre, Et sans penser à rien on (...)

  • « Le Laboureur et ses Enfants » - Jean de La Fontaine (6è) - Janvier 2016

    Jean de la Fontaine (1621-1695) - XVIIè

  • Extrait de Le Meilleur des Mondes, A. Huxley (4è) - Décembre 2015

    « Le monde est stable, à présent. Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu’ils veulent, ils ne veulent jamais ce qu’ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l’aise ; ils sont en sécurité ; ils ne sont jamais malades ; ils n’ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance des passions et de la vieillesse ; ils ne sont encombrés de nuls pères ni mères ; ils n’ont pas d’épouses, pas d’enfants, pas d’amants, au sujet desquels ils pourraient éprouver des émotions violentes ; ils sont conditionnés de (...)

  • « La Ballade de la planche qui craque » - Jean-Paul Alègre (5è) - Octobre 2015

    La Ballade de la planche qui craque de Jean-Paul Alègre La petite planche qui craque Là, au centre du plateau Ecoutez-la C’est moi Le metteur en scène n’a pas voulu Qu’on la remplace Il a dit Gardez-la Gardez la petite planche qui craque Elle rend notre scène unique Et vivante Et joyeuse Alors, Acteur Lorsque tu viens vers moi De ta botte de cuir De ton escarpin de satin Fais-moi chanter, Comédien ! Car au théâtre Tout est vie Et mon chant de petite planche Est rassurant Lorsque tu danses (...)

  • « Dans une allée au Luxembourg » - Gérard de Nerval (4è) - Octobre 2015

    Gérard de Nerval (1808-1855) - XIXè

  • « La Chanson de Barberine » - Alfred de Musset (5è) - Mars 2015

    Une dame du Moyen Age ne comprend pas pourquoi son amant, un « beau chevalier », préfère la gloire des armes à son amour.
    L’auteur de ce texte, Alfred de Musset, fait partie du mouvement romantique Chanson de Barberine Beau chevalier qui partez pour la guerre, Qu’allez-vous faire Si loin d’ici ? Voyez-vous pas que la nuit est profonde, Et que le monde N’est que souci ? Vous qui croyez qu’une amour délaissée De la pensée S’enfuit ainsi, Hélas ! Hélas ! chercheurs de renommée, Votre fumée S’envole (...)

  • « Melancholia » - Victor Hugo (4è) - Février 2015

    Melancholia
    Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
    Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
    Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
    Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
    Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
    Dans la même prison le même mouvement.
    Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
    Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
    Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
    Ils travaillent. Tout est (...)

  • Cyrano de Bergerac - Tirade des Nez - Edmond Rostand (4è) - Février 2015

    Voici la célèbre tirade des nez, extraite de la pièce « Cyrano de Bergerac », d’Edmond Rostand.
    Cyrano
    Ah ! Non ! C’est un peu court, jeune homme !
    On pouvait dire... oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
    En variant le ton, —par exemple, tenez :
    Agressif : « moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
    Il faudrait sur le champ que je me l’amputasse ! »
    Amical : « mais il doit tremper dans votre tasse :
    Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
    Descriptif : « c’est un roc ! ... c’est un (...)

  • « Albums » - Jules Laforgue (5è) - Janvier 2015

    Jules Laforgue (1860-1887) - XIXè

  • « Le Legs » - Robert Desnos (3è) - Octobre 2014

    Robert Desnos (1900-1945) - XXè

  • « L’Ecole » - Maurice Carême (6è) - Septembre 2014

    L’école L’école était au bord du monde, L’école était au bord du temps. Au dedans, c’était plein de rondes ; Au dehors, plein de pigeons blancs. On y racontait des histoires Si merveilleuses qu’aujourd’hui, Dès que je commence à y croire, Je ne sais plus bien où j’en suis. Des fleurs y grimpaient aux fenêtres Comme on n’en trouve nulle part, Et, dans la cour gonflée de hêtres, Il pleuvait de l’or en miroirs. Sur les tableaux d’un noir profond, Voguaient de grandes majuscules Où, de l’aube au soir, nous (...)

  • « La vie aux champs » - Victor Hugo (4è) - Septembre 2014

    Victor Hugo (1802-1885) - XIXè

  • « La Création » - Marguerite Yourcenar (6è) - Avril 2014

    La création pc Normal pc 1 1 2009-02-03T15:21:00Z 2009-02-03T15:22:00Z 1 1 1 9.2812 21 6 pt 8,15 pt 2 2

  • « Le Pirate » - Philippe Soupault (5è) - Avril 2014

    Le pirate Et lui dort-il sous les voiles il écoute le vent son complice il regarde la terre ferme son ennemie sans envie et la boussole est près de son cœur immobile Il court sur les mers à la recherche de l’axe invisible du monde Il n’y a pas de cris pas de bruit des chiffres s’envolent et la nuit les efface Ce sont les étoiles sur l’ardoise du ciel Elles surveillent les rivières qui coulent dans l’ombre et les amis du silence les poissons mais ses yeux fixent une autre étoile perdue dans la foule (...)

  • « Le Pont Mirabeau » - Guillaume Apollinaire (3è) - Mars 2014

    Guillaume Apollinaire (1880-1918) - XXè

  • « Demain, dès l’aube... » - Victor Hugo (4è-3è) - Février 2014

    Demain, dès l’aube...
    Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
    J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
    Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
    Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
    Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
    Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
    Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
    Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
    Ni les voiles au loin descendant vers (...)

  • « Le Choeur » in Antigone - Jean Anouilh (3è) - Février 2014

    Le Chœur
    C’est propre, la tragédie. C’est reposant, c’est sûr… Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d’espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu le sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie, on est tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents, en somme ! […] C’est reposant, la tragédie, parce (...)

  • « Le Loup et l’Agneau » - Jean de la Fontaine (6è) - Janvier 2014

    Le Loup et l’Agneau La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l’allons montrer tout à l’heure. Un Agneau se désaltérait Dans le courant d’une onde pure. Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure, Et que la faim en ces lieux attirait. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? Dit cet animal plein de rage : Tu seras châtié de ta témérité. -* Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté Ne se mette pas en colère ; Mais plutôt qu’elle considère Que je me vas désaltérant Dans le courant, (...)

  • « L’école » - Maurice Carême (6è) - Septembre 2013

    L’école L’école était au bord du monde, L’école était au bord du temps. Au dedans, c’était plein de rondes ; Au dehors, plein de pigeons blancs. On y racontait des histoires Si merveilleuses qu’aujourd’hui, Dès que je commence à y croire, Je ne sais plus bien où j’en suis. Des fleurs y grimpaient aux fenêtres Comme on n’en trouve nulle part, Et, dans la cour gonflée de hêtres, Il pleuvait de l’or en miroirs. Sur les tableaux d’un noir profond, Voguaient de grandes majuscules Où, de l’aube au soir, nous (...)

  • « Elle avait pris ce pli... » - Victor Hugo (3è) - Mai 2013

    Elle avait pris ce pli... Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin De venir dans ma chambre un peu chaque matin ; Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère ; Elle entrait, et disait : « Bonjour, mon petit père » ; Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait, Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe. Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse, Mon œuvre interrompue, et, tout en écrivant, Parmi mes manuscrits je rencontrais (...)

  • Aux Feuillantines, aide à l’apprentissage - Mai 2013

    [texte]Aux Feuillantines
    Mes deux[trou] frères [texte] et moi, nous étions tout enfants. Notre mère disait :[trou] jouez[texte] , mais je [trou]défends [texte] Qu’on [trou]marche [texte]dans les fleurs et qu’on monte aux [trou] échelles[texte].
    [trou] Abel [texte]était l’aîné, j’étais le plus petit. Nous [trou] mangions [texte]notre pain de si bon [trou]appétit [texte], Que les [trou] femmes [texte]riaient quand nous passions près d’elles.
    Nous montions pour jouer au[trou]grenier [texte] du [trou] (...)

  • « Aux Feuillantines » - Victor Hugo (6è) - Mai 2013

    Aux Feuillantines
    Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants. Notre mère disait : jouez, mais je défends Qu’on marche dans les fleurs et qu’on monte aux échelles.
    Abel était l’aîné, j’étais le plus petit. Nous mangions notre pain de si bon appétit, Que les femmes riaient quand nous passions près d’elles.
    Nous montions pour jouer au grenier du couvent. Et là, tout en jouant, nous regardions souvent Sur le haut d’une armoire un livre inaccessible.
    Nous grimpâmes un jour jusqu’à ce livre noir ; Je ne (...)

  • « Je trahirai demain » - Marianne Cohn (3è) - Mai 2013

    Je trahirai demain
    Marianne Cohn
    [texte] Je trahirai demain pas aujourd’hui.
    Aujourd’hui, [trou] arrachez-moi [texte] les ongles
    Je ne trahirai pas !
    Vous n’avez pas le [trou] bout [texte] de mon courage.
    Moi, je sais.
    Vous êtes cinq [trou] mains [texte] dures avec des [trou] bagues [texte].
    Vous avez aux pieds des [trou] chaussures [texte] avec des [trou] clous [texte].
    Je trahirai demain. Pas aujourd’hui, [trou] Demain. [texte]
    Il faut la [trou] nuit [texte] pour me [trou] (...)

  • « Ma Bohème » - Arthur Rimbaud (4è) - Février 2013

    MA BOHÊME (Fantaisie.) Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ; Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. -- Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse ; -- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou. Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De (...)

  • « Sensation » - Arthur Rimbaud (4è) - Février 2013

    Sensation Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers, Picoté par les blé, fouler l’herbe menue : Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : Mais l’amour infini me montera dans l’âme, Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la Nature, - heureux comme avec une femme. Arthur Rimbaud, Poésie, (...)

  • « Mon rêve familier » - Paul Verlaine (4è) - Janvier 2013

    Mon Rêve familier Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse ? —Je l’ignore. Son (...)

  • « Les Eléphants » - Leconte de Lisle (6è) - Décembre 2012

    Les éléphants
    Le sable rouge est comme une mer sans limite, Et qui flambe, muette, affaissée en son lit. Une ondulation immobile remplit L’horizon aux vapeurs de cuivre où l’homme habite.
    Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus Dorment au fond de l’antre éloigné de cent lieues, Et la girafe boit dans les fontaines bleues, Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.
    Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile L’air épais, où circule un immense soleil. Parfois quelque boa, chauffé dans (...)

  • « Le Lombric » - Jacques Roubaud (6è) - Novembre 2012

    Jacques ROUBAUD : Le Lombric Conseils à un jeune poète de douze ans Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence, Le lombric se réveille et bâille sous le sol, Etirant ses anneaux au sein des mottes molles Il les mâche, digère et fore avec conscience. Il travaille, il laboure en vrai lombric de France Comme, avant lui, ses père et grand-père ; son rôle, Il le connaît. Il meurt. La terre prend l’obole De son corps. Aérée, elle reprend confiance. Le poète, vois-tu, est comme un vers de terre Il (...)

  • « Si c’est un homme » - Primo Levi (3è) - Octobre 2012

    <div class="jeux_cadre jeux_trous">
    Si c’est un homme,
    Primo Levi Shéma. Vous qui vivez en toute <span class="base64" title="PHNwYW4gY2xhc3M9J2pldXhfcmVtJyB0aXRsZT0nVFJPVS1ERUJVVC0jMCc+PC9zcGFuPg=="><span class="base64" title="PHNwYW4gY2xhc3M9J2pldXhfcmVtJyB0aXRsZT0nVFJPVS1GSU4tIzAnPjwvc3Bhbj4="> Bien au <span class="base64" title="PHNwYW4gY2xhc3M9J2pldXhfcmVtJyB0aXRsZT0nVFJPVS1ERUJVVC0jMSc+PC9zcGFuPg=="><span class="base64" (...)

  • « Gaspard Hauser chante... » - Paul Verlaine (3è) - Septembre 2012

    « Je suis venu, calme orphelin », Paul Verlaine Gaspard Hauser chante :Je suis venu, calme orphelin,Riche de mes seuls yeux tranquilles,Vers les hommes des grandes villes :Ils ne m’ont pas trouvé malin.A vingt ans un trouble nouveauSous le nom d’amoureuses flammesM’a fait trouver belles les femmes :Elles ne m’ont pas trouvé beau.Bien que sans patrie et sans roiEt très brave ne l’étant guère,J’ai voulu mourir à la guerre :La mort n’a pas voulu de moi.Suis-je né (...)

  • Cyrano de Bergerac - Tirade - Edmond Rostand (3è) - Mai 2012

    CYRANO Regarde-moi, mon cher, et dis quelle espérance Pourrait bien me laisser cette protubérance ! Oh ! je ne me fais pas d’illusion ! - Parbleu, Oui, quelquefois, je m’attendris, dans le soir bleu ; J’entre en quelque jardin où l’heure se parfume ; Avec mon pauvre grand diable de nez je hume L’avril ; je suis des yeux, sous un rayon d’argent, Au bras d’un cavalier, quelque femme, en songeant Que pour marcher, à petits pas, dans de la lune, Aussi moi j’aimerais au bras en avoir une, Je m’exalte, (...)

  • « Bon Chevalier... » - Paul Verlaine (5è) - Avril 2012

    Bon chevalier... Bon chevalier masqué qui chevauche en silence,Le malheur a percé mon vieux cœur de sa lance.Le sang de mon vieux cœur n’a fait qu’un jet vermeilPuis s’est évaporé sur les fleurs, au soleil. L’ombre éteignit mes yeux, un cri vint à ma boucheEt mon vieux cœur est mort dans un frisson farouche.Alors le chevalier Malheur s’est rapproché,Il a mis pied à terre et sa main m’a touché. Son doigt ganté de fer entra dans ma blessureTandis qu’il attestait sa loi d’une voix dure.Et voici qu’au contact (...)

  • « Le Loup et la Cigogne » - Jean de La Fontaine (6è) - Mai 2011

    Le Loup et la Cigogne Les loups mangent gloutonnement. Un loup donc étant de frairie, Se pressa, dit-on, tellement Qu’il en pensa perdre la vie. Un os lui demeura bien avant au gosier. De bonheur pour ce loup, qui ne pouvait crier, Près de là passe une cigogne. Il lui fait signe ; elle accourt. Voilà l’opératrice aussitôt en besogne. Elle retira l’os ; puis, pour un si bon tour, Elle demanda son salaire. « Votre salaire ? dit le loup : Vous riez, ma bonne commère ! Quoi ! Ce (...)

  • Cyrano de Bergerac - Les adieux à Roxane - Edmond Rostand (3è) - Mars 2011

    ROXANEOuvrez… lisez !…Elle revient à son métier, le replie, range ses laines.CYRANO, lisant "Roxane, adieu, je vais mourir !…"ROXANE, s’arrêtant, étonnéeTout haut ?CYRANO, lisant "C’est pour ce soir, je crois, ma bien-aimée !"J’ai l’âme lourde encor d’amour inexprimée,"Et je meurs ! jamais plus, jamais mes yeux grisés,"Mes regards dont c’était…"ROXANE Comme vous la lisez,Sa (...)

  • « La Loreley » - Guillaume Apollinaire (4è) - Février 2011

    Poème appris en classe de 4è lors de la séquence « Etudier des portraits de monstres »
    La Loreley à Jean sève À Bacharach il y avait une sorcière blondeQui laissait mourir d’amour tous les hommes à la rondeDevant son tribunal l’évêque la fit citer D’avance il l’absolvit à cause de sa beautéÔ belle Loreley aux yeux pleins de pierreries De quel magicien tiens-tu ta sorcelerieJe suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits Ceux qui m’ont regardée évêque en ont périMes yeux ce (...)

  • « Heureux qui comme Ulysse... » - Joachim Du Bellay (6è) - Février 2011

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,Et puis est retourné, plein d’usage et raison,Vivre entre ses parents le reste de son âge !Quand reverrai-je, hélas, de mon petit villageFumer la cheminée, et en quelle saisonReverrai-je le clos de ma pauvre maison,Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,Que des palais Romains le front audacieux,Plus que le (...)

  • « Ode à Cassandre » - Pierre de Ronsard (4è) - Janvier 2011

    Ode à Cassandre Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu cette vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vôtre pareil. Las ! Voyez comme en peu d’espace, Mignonne, elle a dessus la place Las, las, ses beautés laissé choir ! Ô vraiment marâtre Nature, Puisque une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne, Tandis que votre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, (...)

  • « Lettre à des amis perdus » - René-Guy Cadou (3è) - Janvier 2011

    Lettre à des amis perdus Vous étiez là je vous tenaisComme un miroir entre mes mainsLa vague et le soleil de juinOnt englouti votre visageChaque jour je vous ai écritJe vous ai fait porter mes pagesPar des ramiers par des enfantsMais aucun d’eux n’est revenuJe continue à vous écrireTous le mois d’août s’est bien passéMalgré les obus et les rosesEt j’ai traduit diverses chosesEn langue bleue que vous savezMaintenant j’ai peur de l’automneEt des soirées d’hiver sans vousViendrez-vous pas au rendez-vousQue (...)

  • « Si je mourais là-bas... » - Guillaume Apollinaire (3è) - Novembre 2010

    Dans le cadre de la séquence intitulée
    « Étudier différentes formes de récits de guerre »,
    voici le poème que les élèves de 3B vont devoir apprendre.

  • « Si la Tour Eiffel... » - Jacques Charpentreau (5è) - Novembre 2010

    Jacques Charpentreau (1928-) XXè

  • « Comme » - Robert Desnos (6è) - Octobre 2010

    COMME Come, dit l’Anglais à l’Anglais, et l’Anglais vient. Côme, dit le chef de gare, et le voyageur qui vient dans cette ville descend du train la valise à la main. Come, dit l’autre, et il mange. Comme, je dis comme et tout se métamorphose, le marbre en eau, le ciel en orange, le vin en plaine, le fil en six, le cœur en peine, la peur en seine. Mais si l’Anglais dit as, c’est à son tour de voir le monde changer de forme à sa convenance Et moi je ne vois plus qu’un signe unique sur une carte : L’as (...)

  • « Elle était déchaussée, elle était décoiffée » - Victor Hugo (4è-3è), - Août 2010

    Pierre-Auguste Renoir, « Portrait d’un jeune homme et d’une jeune fille »
    Elle était déchaussée, elle était décoiffée,Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ; Moi qui passais par là, je crus voir une fée, Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ? Elle me regarda de ce regard suprême Qui reste à la beauté quand nous en triomphons, Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime, Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ? Elle essuya ses pieds à (...)

  • « L’étranger » - Charles Baudelaire (4è) - Mai 2010

    Ce texte est un des plus fameux poèmes en prose de Charles Baudelaire.

  • « Le Petit Chaperon Rouge » - Roald Dahl (6è) - Mars 2010

    Vous pensiez que le Petit Chaperon rouge allait être dévorée par le Loup ? Ce poème va vous surprendre !

  • « Fécamp, c’est mon premier voyage » - Raymond Queneau (3è) - Mars 2010

    Fécamp, c’est mon premier voyage ;
    on va voir la Bénédictine.
    J’admire la locomotive :
    je suis avancé pour mon âge.
    Pour visiter Honfleur, Trouville,
    il faut traverser l’estuaire.
    Moi, je n’ai pas le mal de mer :
    Y’a des marins dans la famille.
    Bolbec, Lillebonne, Étretat
    font l’objet d’excursions diverses :
    qu’on étouffe ou qu’il pleuve à verse,
    on plaisante sur l’Ouest-État.
    Paris, ça c’est une aventure.
    Un marchand de cartes postales
    à ma mère escroque dix balles
    mon père en fait une figure. (...)

  • Le Cid - Acte I scène 2 - Pierre Corneille (4è) - Février 2010

    Suite au très bon travail des 4è B sur le Cid de Corneille, voici le texte appris et interprété par les élèves.
    Le CID, Pierre Corneille.
    Scène II – Le comte, don Rodrigue
    Don Rodrigue
    À moi, comte, deux mots.
    Le comte
    Parle.
    Don Rodrigue
    Ôte-moi d’un doute.
    Connais-tu bien don Diègue ?
    Le comte
    Oui.
    Don Rodrigue
    Parlons bas ; écoute.
    Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu,
    La vaillance et l’honneur de son temps ? le sais-tu ?
    Le comte
    Peut-être.
    Don Rodrigue
    Cette ardeur que dans (...)

  • « Carmen » - Théophile Gautier (4è) - Février 2010

    CARMEN Carmen est maigre, — un trait de bistre
    Cerne son œil de gitana.
    Ses cheveux sont d’un noir sinistre,
    Sa peau, le diable la tanna.
    Les femmes disent qu’elle est laide,
    Mais tous les hommes en sont fous :
    Et l’archevêque de Tolède
    Chante la messe à ses genoux ;
    Car sur sa nuque d’ambre fauve
    Se tord un énorme chignon
    Qui, dénoué, fait dans l’alcôve
    Une mante à son corps mignon.
    Et, parmi sa pâleur, éclate
    Une bouche aux rires vainqueurs ;
    Piment rouge, fleur écarlate,
    Qui (...)

  • « Le Corbeau et le Renard » - Jean de La Fontaine (6è) - Mars 2009

    Le Corbeau et le Renard Maître corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître renard par l’odeur alléché,
    Lui tint à peu près ce langage : « Et bonjour , Monsieur du Corbeau Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage,
    Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois » A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie ; Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec laisse tomber sa proie. Le renard s’en saisit et (...)

  • « L’ Enfant et le Maître d’école » - Jean de La Fontaine (6è) - Février 2009

    L’ Enfant et le maître d’école. Dans ce récit je prétends faire voir D’un certain sot la remontrance vaine. Un jeune enfant dans l’eau se laissa choir,
    En badinant sur les bords de la Seine. Le ciel permit qu’un saule se trouva Dont le branchage, après Dieu, le sauva. S’étant pris, dis-je, aux branches de ce saule, Par cet endroit passe un maître d’école ; L’enfant lui crie : "Au secours, je péris."
    Le magister, se tournant à ses cris, D’un ton fort grave à contre-temps s’avise De le tancer (...)

  • « Terreur » - Guy de Maupassant (4è) - Février 2009

    TERREUR pc Normal pc 2 3 2009-02-03T20:07:00Z 2009-02-03T20:08:00Z 2009-02-03T20:08:00Z 1 1 1 9.2812 21 6 pt 8,15 pt 2 2
    TERREUR
    Ce soir-là j’avais lu fort longtemps quelque auteur.
    Il était bien minuit, et tout à coup j’eus peur.
    Peur de quoi ? je ne sais, mais une peur horrible.
    Je compris, haletant et frissonnant d’effroi,
    Qu’il allait se passer une chose terrible...
    Alors il me sembla sentir derrière moi (...)

  • « Le Lion et le Rat » - Jean de La Fontaine (6è) - Janvier 2009

    La Fontaine a pris ce texte chez Esope (« Le Lion et le Rat reconnaissant »).
    Le Lion et le Rat, Jean de la Fontaine Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde On a souvent besoin d’un plus petit que soi. De cette vérité deux fables feront foi, Tant la chose en preuves abonde.
    Entre les pattes d’un lion Un rat sortit de terre assez à l’étourdie. Le roi des animaux, en cette occasion, Montra ce qu’il était et lui donna la vie . Ce bienfait ne fut pas perdu. Quelqu’un aurait-il (...)

  • « Poème à Lou » - Guillaume Apollinaire (3è) - Novembre 2008

    Ce poème est dédié à Lou, de son vrai nom Louise de Coligny-Châtillon, dont Guillaume Apollinaire tombe amoureux avant de s’engager dans l’armée française en décembre 1914.
    C’est un acrostiche, c’est-à-dire un poème fondé sur une figure de style consistant en ce que les initiales de chaque vers, lues verticalement, composent un mot ou une expression liés au thème du poème.
    Ici, il s’agit de LOU, muse du (...)