Publié : 6 septembre 2016

« Nuit Rhénane » - Guillaume Apollinaire (4è)

SQ : Comment le passé prend vie dans Arria Marcella de T. Gautier (1852)

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Nuit Rhénane
 
Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds
 
Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées
 
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été
 
Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire
 
Guillaume Apollinaire (1880-1918)
Alcools (1913)