Par : Mme Bot
Publié : 16 octobre 2014

« Le Legs » - Robert Desnos (3è)

SQ : Comment les artistes s’engagent-ils dans une lutte ?

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Pendant l’Occupation, ce poète, qui fut l’ami de Paul Eluard, s’opposa au régime de Vichy et en appela à la résistance. Arrêté par la Gestapo, il fut déporté dans les camps d’Auschwitz, de Buchenwald, puis de Terezin où il mourut le 8 juin 1945, du typhus, après l’arrivée des forces alliées.

Le legs
 
Et voici, Père Hugo, ton nom sur les murailles !
 
Tu peux te retourner au fond du Panthéon
 
Pour savoir qui a fait cela. Qui l’a fait ? On.
 
On c’est Hitler, on c’est Goebbels... C’est la racaille,
 
Un Laval, un Pétain, un Bonnard, un Brinon,
 
Ceux qui savent trahir et ceux qui font ripaille,
 
Ceux qui sont destinés aux justes représailles
 
Et cela ne fait pas un grand nombre de noms.
 
Ces gens de peu d’esprit et de faible culture
 
Ont besoin d’alibis dans leur sale aventure.
 
Ils ont dit : « Le bonhomme est mort. Il est dompté. »
 
Oui, le bonhomme est mort. Mais par-devant notaire
 
Il a bien précisé quel legs il voulait faire :
 
Le notaire a un nom : France, et le legs : Liberté.
 
Robert Desnos (1900-1945), L’Honneur des poètes, 1946

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Post-scriptum

Devant les périls conjugués de l’occupation allemande et de la collaboration avec l’ennemi, Robert Desnos se réfère à une conception de la France qu’incarne pleinement Victor Hugo. « Le Legs » évoqué par le titre du poème est à la fois celui de la littérature et de la liberté pour laquelle l’auteur des Châtiments s’est battu.